WikiFiction:La chaîne du livre traditionnelle

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Pour choisir et acheter un livre, le lecteur s'adresse à un libraire, lequel est en mesure de proposer des ouvrages produits par une multitude d'éditeurs. C'est à l'un d'eux que l'auteur doit s'adresser pour publier.

Auteur

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Éditeur

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Libraire

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Lecteur


Détaillons les tâches incombant à chaque maillon de cette chaîne, sachant que certaines peuvent être déléguées à d'autres intervenants (par exemple, l'éditeur vend rarement directement au libraire, l'auteur charge quelquefois un agent littéraire de trouver le bon éditeur et de négocier avec lui).

En outre, le détaillant n'est pas forcément libraire (le lecteur peut acheter un livre dans les rayons d'un supermarché).


Auteur

Éditeur

Libraire

Lecteur

Idée Documentation1

Structure1

Rédaction1

Recherche éditeur2

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Sélection ouvrage2

Reprises Corrections3

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Reprises Corrections3

Photocomposition PAO4

Imprimerie Couverture Reliure5

Dépôt légal6

Service de presse7

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Médias (critiques)

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Lecteur

Stockage8

Diffuseur9

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Libraire

Distributeur10

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Libraire

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Lecteur


Notes

1. De l'idée à la finalisation du manuscrit
Traditionnellement, on considère comme normal que l'auteur soit seul pour écrire au moins le premier jet de son ouvrage. Pourtant, si le désir d'écrire un livre, l'intention d'y défendre un certain nombre de points de vue, d'y livrer ses états d'âme ou ses connaissances, bref, tout ce que l'on peut considérer comme l'idée du livre relève exclusivement d'une personnalité, d'un parcours particulier, se documenter, structurer un récit, rédiger un texte représentent autant de savoir-faire qui demanderaient tout autant de formations. À défaut, on pourrait imaginer que l'auteur se fasse assister par des professionnels compétents.
    Mieux encore : on pourrait imaginer qu'écrivain devienne un métier à part entière. Aujourd'hui, il semble que l'enseignement supérieur commence à s'engager dans cette voie :
--> La création littéraire ? Oui, ça s'apprend (article de l'Humanité, 25 juin 2014)
--> Master métiers d'écriture à l'Université Toulouse Jean Jaurès
2. Recherche de l'éditeur par l'auteur et sélection de l'ouvrage par l'éditeur
En France, l'auteur utilise rarement les services d'un agent littéraire. Pourtant, les chances d'être publié par un éditeur à qui il a envoyé son manuscrit par la poste restent extrêmement minces.
    « Moins de 1% des manuscrits reçus par les éditeurs finalement publiés » révèlent François Moreau et Stéphanie Peltier dans un document du Syndicat National de l'Édition :
--> Les ressorts de l'économie de la création
    J.K. Rowling, dont la série des Harry Potter a obtenu le succès que l'on sait, a eu recours aux services d'un agent littéraire, pratique plus courante en Grande Bretagne, qui a dû contacter une dizaine d'éditeurs avant de voir le premier livre de la romancière accepté. En France, aurait-elle jamais été publiée ? En suivant le parcours classique de l'auteur envoyant directement son ouvrage à une vingtaine d'éditeurs moins bien ciblés que par un agent, sans doute non.
--> article Wikipédia
    Sans aller jusqu'à ce scénario uchronique, néanmoins vraisemblable, d'une Rowling non éditée, on peut facilement remettre en question cette étape de sélection en se demandant s'il est admissible que 99% des manuscrits envoyés aux éditeurs ne méritent pas d'arriver jusqu'au lecteur. Cela pénalise ce dernier tout autant que l'auteur. En effet, un système basé sur une telle hécatombe peut-il prétendre offrir un choix réel de lecture reflétant la littérature contemporaine ?
3. Reprises et corrections (collaboration auteur-éditeur)
Si les reprises et corrections font partie intégrante de la rédaction d'un ouvrage, il reste toujours des fautes, de clarté, de syntaxe, d'orthographe, une fois qu'il est terminé. Le meilleur des rédacteurs laisse passer des coquilles en relisant sa propre prose car à chaque relecture, le souci du sens général (a-t-il bien exprimé ce qu'il voulait exprimer ? N'existe-t-il pas un meilleur moyen de le faire ?) occulte le détail insignifiant (comme le s de les tables). En outre, je suis forcément plus clair avec moi-même qu'avec les autres puisque le décodage fonctionne sur le même mode que le codage.
    Non seulement le regard extérieur paraît indispensable mais de plus ce regard doit se montrer non complaisant (cas des amis de l'auteur) et s'avérer très professionnel. Cette fonction de l'éditeur est souvent minimisée par le regard du profane, et, hélas, quelquefois par la pratique de l'éditeur lui-même.
    Enfin, notons que cette phase intervient après celle de la sélection. Ce qui signifie qu'un auteur peut voir son manuscrit rejeté en raison de défauts qu'une étape ultérieure dont ce rejet le prive aurait pu rectifier.
4. PAO
Aujourd'hui, le micro-ordinateur a remplacé la photocomposeuse. Les applications de PAO (Publication Assistée par Ordinateur) sont devenues abordables (Adobe InDesign, QuarkXPress) voire gratuites (Scribus).
5. Fabrication
Le travail de fabrication du livre, généralement confié à des imprimeurs indépendants de l'éditeur, nécessite des machines onéreuses et une lourde mise en œuvre. Ce qui impose le tirage d'un nombre d'exemplaires rarement inférieur à mille.
6. Dépôt légal
L'éditeur s'occupe seul du dépôt légal et, plus généralement, de la gestion des droits, pourtant dits d'auteur, y compris les numériques, ceux de traduction et autres. Cela a pour effet positif pour l'auteur une certaine protection et pour conséquence, un lien fort avec l'éditeur pouvant s'avérer négatif (si vous n'êtes pas satisfait de votre médecin ou de votre avocat, vous pouvez toujours en changer, d'éditeur pour un même ouvrage, non). Le plus souvent, l'auteur ne fait qu'adhérer au contrat rédigé et proposé par l'éditeur, surtout quand il a décroché sa chance sur cent de voir son ouvrage sélectionné.
7. Service de presse
L'auteur élu voit son livre édité en compétition avec plus de sept cent mille titres titres disponibles en France dont une bonne dizaine de milliers ne seront pas vendus du tout dans l'année.
    Les dix mille les plus vendus rafleront 44% du marché. Mieux vaudra en faire partie car les quelque six cent quatre-vingt mille restants auront bien peu de chances d'être repérés.
En effet, si l'on compte trente-cinq millions de lecteurs potentiels de plus de quinze ans dont plus des deux tiers liront un seul livre dans l'année et un peu plus d'un quart plus de vingt, on peut raisonnablement penser que seule cette dernière tranche ira puiser dans les livres les moins lus. Même si chacun de ses grands lecteurs achetait quarante de ces livres, cela ne laisserait à chaque titre qu'une chance sur dix-sept mille d'être choisi par lui.
Ce ne sont là que des estimations visant à se représenter le marché. Chacun pourra se livrer à ce genre de calculs à partir des statistiques :
--> Chiffres clés du secteur du livre édition 2015
--> Population française par âge (INSEE)
    En conclusion, pour espérer voir son ouvrage classé parmi les mille meilleures ventes, mieux vaut s'assurer que les médias en parleront et ne pas compter sur la chance. En général, l'éditeur est pourvu d'un bon service de presse et bénéficie d'un réseau relationnel performant.
    Notons aussi qu'il vaut mieux de mauvaises critiques qu'un grand silence. Il ne faut donc pas hésiter à envoyer des exemplaires de presse mais cela a un coût.
8. Stockage
Comme nous l'avons vu, dans cette chaîne traditionnelle, on ne peut pas imprimer moins d'un millier de livres à la fois, ce qui implique un espace de stockage, même si une bonne distribution doit très vite alléger les locaux de l'éditeur.
9. Diffusion
Généralement l'éditeur ne démarche pas directement les libraires et autres points de vente, il charge un diffuseur de le représenter auprès de ces derniers. Bien entendu, la qualité du service de presse en amont facilitera cette tâche.
10. Distribution
Enfin, l'éditeur délègue également, au distributeur de son choix, le mouvement des livres et encaissements.


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