Rêves dans la tragédie grecque

De WikiFiction.

Georges Devereux

Psychanalyste et anthropologue, Georges Devereux (1908-1985), dans un ouvrage intitulé Les rêves dans la tragédie grecque (Les Belles Lettres, 2006) soumet à une critique rigoureuse les pièces tragiques conservées jusqu'à notre époque.

Et voici que de la mythologie, surgissent des individus dans toute leur « apparente et monolithique simplicité extérieure », une simplicité qui recèle une fascinante complexité… Ménélas n’est plus le mari trompé mais un homme blessé. Oreste quitte le rôle paradoxal du fils qui se débarrasse froidement de sa mère sous prétexte de venger un père qu’il n’a pas ou peu connu : son geste revêt une dimension personnelle bien plus fondamentale, et n’en est que plus vrai.

Critique

Christian Vandendorpe propose un compte rendu de lecture de cet ouvrage dans lequel l'ethnologue-psychanalyste invite la reine Atossa sur son divan, considérant le faux rêve raconté par Eschyle comme un vrai rêve du personnage historique. Notre lecteur averti juge crédible cette interprétation selon laquelle Atossa parvient à surmonter son complexe de Jocaste par son rêve.

De même, Clytemnestre, qui passe à son tour sur le divan, « harcelée de sentiments de culpabilité pour n’avoir pas allaité son fils et pour avoir assassiné Agamemnon », « se rachète » en rêve.

Christian Vandendorpe défend Georges Devereux contre Julie Wolkenstein qui accuse (in Les récits de rêve dans la fiction) le psychanalyste de mépriser la littérature. Pourtant, lui-même déplore : « Les récits de rêves chez les poètes tragiques étant invariablement chargés de vérifier les intuitions du psychanalyste, leur fonction proprement littéraire est considérée comme secondaire, voire carrément ignorée ».

Lien 
http://www.revue-analyses.org/index.php?id=270
dernière visite le 23 avril 2011

Voir aussi

--> liste des pages de WikiFiction reproduisant (avec commentaires) certains Rêves publiés dans la littérature.

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